CONCLUSION : POUR UNE REFONDATION DURABLE, POPULAIRE ET PARTAGÉE
Madagascar se trouve une nouvelle fois à la croisée des chemins. Les crises successives, de 1972 à 2025, ont montré une vérité simple : aucun cycle de crise ne peut être évité si la refondation ne part pas du peuple lui-même.
Les solutions élaborées uniquement par les élites, même avec les meilleures intentions, ont toujours fini par perdre leur légitimité auprès de la population.
La Concertation Nationale doit donc être populaire, ascendante et inclusive, car :
- la stabilité durable ne peut pas être décrétée d’en haut,
- aucune institution, même respectable, ne peut à elle seule incarner la volonté nationale,
- la construction d’un avenir partagé exige que chaque citoyen puisse être entendu, du fokonolona jusqu’aux espaces nationaux de décision.
Cette démarche ne remet en rien en cause la valeur, l’expérience et l’autorité morale d’acteurs essentiels comme :
- le FFKM, qui a accompagné les Malgaches dans les moments les plus difficiles,
- les Régions, indispensables pour structurer les visions territoriales,
- les Districts, piliers de l’administration de l’État, garants de l’ordre public et du fonctionnement institutionnel.
Mais l’histoire récente a démontré que l’absence de consultation profonde du peuple crée des frustrations, alimente les ruptures, et finit par réactiver les mêmes cycles de contestation.
La Grande Île ne peut plus se permettre d’osciller continuellement entre espoir et déception.
Une démarche populaire n’est pas une utopie – c’est une nécessité
Certains pourraient considérer l’idée d’une consultation partant du fokonolona comme un rêve idéaliste ou un processus trop complexe pour un pays de 30 millions d’habitants.
C’est tout le contraire.
- C’est ainsi que les Malgaches ont gouverné leurs communautés pendant des siècles, dans le respect, la délibération et la responsabilité collective.
- C’est ainsi que des pays comparables ont bâti des pactes nationaux solides (Botswana, Rwanda, Sénégal, Cap-Vert).
- C’est ainsi que se recrée la confiance entre citoyens et institutions, pierre angulaire de toute démocratie durable.
Ce n’est donc pas de l’utopie :
c’est la voie la plus réaliste, la plus culturellement adaptée et la plus efficace pour éviter que Madagascar ne sombre à nouveau dans un cycle de crise.
Construire ensemble pour éviter de “couler” dans l’océan Indien
Madagascar possède tout pour réussir :des ressources, une jeunesse dynamique, une culture de solidarité, et un profond désir de paix.
Ce qui manque aujourd’hui n’est ni la richesse ni la vision, mais la connexion entre l’État et le peuple.
Refonder le pays en partant de la base, c’est :
- replacer l’humain au cœur de la République,
- reconstruire la confiance, pierre par pierre,
- éviter que la Grande Île ne glisse encore dans les turbulences politiques et sociales,
- bâtir un horizon où institutions et citoyens marchent enfin dans la même direction.
Conclusion finale
La sortie de crise ne viendra ni d’une élite éclairée, ni d’un organisme religieux, ni d’une structure administrative, mais d’un pays qui décide collectivement de se regarder, de se parler et de s’entendre.
C’est en mobilisant les fokonolona, les institutions locales, les régions et les forces morales du pays que Madagascar peut enfin rompre avec le passé et s’ouvrir à un avenir stable, juste et durable.
La refondation est possible.
Elle est nécessaire.
Et surtout, elle doit être pleinement malgache.
📋 Table des matières
- Un pays, une voix, un avenir : la Concertation Nationale par les Fokonolona
- Préambule
- A nos propos
- Introduction
- Histoire des crises : une répétition structurelle
- Les revendications populaires : un appel à la justice, la dignité et la redistribution
- Les réponses du pouvoir actuel : opportunités et limites
- Le Fokonolona : fondement historique, institutionnel et social d'une concertation authentique
- Proposition d'organisation : partir de la base pour construire la nation
- Conclusion : pour une refondation durable, populaire et partagée