En cette fin et ce début d’année, deux voix ont structuré le récit de la transition.
La Présidence et la Primature ont posé leurs orientations politiques et stratégiques, appelées à guider l’action publique en 2026.
🔹 𝐋𝐞 𝐏𝐫é𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐌𝐢𝐜𝐡𝐚ë𝐥 𝐑𝐚𝐧𝐝𝐫𝐢𝐚𝐧𝐢𝐫𝐢𝐧𝐚 a parlé de cap, de refondation, de peuple et de justice sociale.
Son discours pose une ambition politique : réparer le lien rompu entre l’État et les citoyens et redonner du sens à l’action publique.
🔹 𝐋𝐞 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐇𝐞𝐫𝐢𝐧𝐭𝐬𝐚𝐥𝐚𝐦𝐚 𝐑𝐚𝐣𝐚𝐨𝐧𝐚𝐫𝐢𝐯𝐞𝐥𝐨 a, quant à lui, insisté sur la méthode, le temps de l’organisation et la nécessité de poser des bases avant d’agir.
Un discours de gestion, réaliste, mais qui peine encore à rassurer.
➡️ 𝐅𝐚𝐜𝐞 à 𝐜𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐨𝐥𝐞𝐬 𝐨𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬, 𝐥𝐚 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐥𝐚𝐫𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐫𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐦é𝐟𝐢𝐚𝐧𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥’𝐚𝐭𝐭𝐞𝐧𝐭𝐞.
Car sur le terrain :
- 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐮𝐬 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐦𝐚𝐣𝐨𝐫𝐢𝐭é 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐲𝐞𝐫𝐬 𝐬𝐭𝐚𝐠𝐧𝐞𝐧𝐭, 𝐯𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐦ê𝐦𝐞, 𝐛𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭,
- le 𝐜𝐨û𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐞 𝐞𝐱𝐩𝐥𝐨𝐬𝐞,
- l’accès à l’eau, à l’électricité et aux services de base demeure fragile,
- et les priorités du quotidien restent inchangées pour la majorité.
Dans ce contexte, les 𝐚𝐧𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐦𝐢𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐭𝐞𝐬 “𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬”, perçues par beaucoup comme 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐡𝐨𝐧𝐭𝐞, heurtent une population qui survit avec des 𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐢𝐬è𝐫𝐞.
👉 Ce fossé entre discours de refondation et réalité sociale nourrit la défiance.
La transition ne sera crédible que si elle :
- fait preuve d’𝐞𝐱𝐞𝐦𝐩𝐥𝐚𝐫𝐢𝐭é,
- envoie des 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐮𝐱 𝐟𝐨𝐫𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐛𝐫𝐢é𝐭é,
- et démontre que le sacrifice demandé n’est pas supporté uniquement par les plus faibles.
La refondation ne se proclame pas.
Elle se 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭, se 𝐦𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞 et se 𝐯𝐢𝐭 dans le quotidien des Malagasy.