À Moramanga, lors de la commémoration du 29 mars 1947, Michaël Randrianirina a répondu aux critiques visant la refondation. Mais au-delà des oppositions politiques, une attente plus profonde s’exprime aujourd’hui : celle d’un peuple qui veut voir, enfin, les premiers signes concrets du changement annoncé.
Des critiques… mais une attente bien plus large
Dans son discours, le Colonel Michaël Randrianirina a dénoncé ceux qui critiquent la refondation parce qu’ils n’ont pas accédé au pouvoir.
Ce constat n’est pas faux.
Oui, certaines critiques relèvent d’intérêts politiques frustrés.
Mais réduire l’ensemble des interrogations à cela serait une erreur.
Car au-delà de ces voix, la majorité silencieuse n’attaque pas — elle attend.
Elle attend des actes.
Elle attend une direction.
Elle attend des preuves que la refondation est réellement en marche.
Une impression de déjà-vu
Aujourd’hui, ce que perçoivent de nombreux citoyens reste limité :
- des nominations,
- la mise en place de gouvernements,
- des tournées officielles dans les hauts lieux du pays.
Mais ces dynamiques rappellent fortement des pratiques déjà connues.
Pour beaucoup, cela évoque davantage les logiques politiques du passé que les fondements d’une refondation.
Le risque est réel : que l’espoir du renouveau se transforme en impression de continuité.
Un appel du Président… à entendre dans les deux sens
À plusieurs reprises, le Président a invité les citoyens à dire ce qui ne va pas.
Alors, en toute responsabilité, il faut le dire clairement :
👉 ce qui ne va pas, c’est le décalage entre la promesse et la réalité perçue.
Et plus encore :
👉 ce qui inquiète, c’est l’entourage du pouvoir.
Car ceux qui conseillent, orientent et organisent l’action politique peuvent, parfois, servir leurs propres intérêts avant celui de la nation.
Les tournées à forte dimension politique, les stratégies de communication, les logiques de positionnement… tout cela peut éloigner le projet initial de refondation.
Refondation ou gestion du pouvoir ?
La question devient alors centrale :
Sommes-nous dans une dynamique de refondation…
ou dans une reconfiguration classique du pouvoir ?
Car une refondation ne se mesure pas :
- au nombre de nominations,
- ni à l’occupation des postes,
- ni à la visibilité politique.
Elle se mesure à sa capacité à transformer en profondeur les règles du jeu.
Ce que le peuple attend aujourd’hui
L’attente est claire, et elle est légitime.
Le peuple malagasy demande :
- un calendrier précis de la refondation,
- une méthode claire et transparente,
- des consultations réelles, à partir des Fokonolona,
- des moyens concrets donnés au gouvernement, notamment au Premier ministre et au ministère en charge de la refondation.
Autrement dit :
passer d’un projet annoncé à un processus structuré.
L’urgence d’un signal fort
Aujourd’hui, il ne s’agit pas de tout transformer en quelques semaines.
Mais il est urgent d’envoyer un signal clair.
Un signal qui montre que :
- la refondation est organisée,
- elle est planifiée,
- elle est partagée avec la population.
Sans cela, le risque est grand de voir l’espoir s’éroder.
Écouter le peuple pour réussir la refondation
Le peuple malagasy n’est pas dans le rejet.
Il est dans l’attente.
Il a placé son espoir dans un projet, dans une vision, dans un homme.
Mais cet espoir appelle aujourd’hui une réponse.
👉 Écouter le peuple, ce n’est pas seulement répondre aux critiques.
👉 C’est surtout entendre ses attentes profondes.
La refondation reste possible.
Mais elle doit désormais se voir, se comprendre, et se vivre.