Le processus de concertation nationale pour la refondation entre dans une nouvelle phase.
Le comité de pilotage chargé de conduire cette concertation a été officiellement mis en place et a tenu sa première réunion ce jeudi au Palais d’Iavoloha, sous la conduite du président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina.
La rencontre a réuni plusieurs acteurs institutionnels de premier plan, parmi lesquels les hauts conseillers de la Refondation, le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), le Premier ministre, la ministre d’État en charge de la Refondation, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, ainsi que le secrétariat général du ministère de l’Économie et des Finances.
Selon les informations communiquées, ce comité aura pour mission d’élaborer un plan stratégique destiné à assurer la coordination et le bon déroulement du processus de concertation nationale.
Sur le plan institutionnel, cette installation constitue une étape importante.
Le cadre formel est désormais posé, les responsabilités sont identifiées, et la concertation dispose d’un organe de pilotage clairement désigné.
Mais c’est précisément à partir de maintenant que l’essentiel commence.
Car au-delà de la composition du comité, la réussite du processus de refondation dépendra moins des annonces que de la méthode retenue, de sa lisibilité et de sa mise en œuvre concrète.
La question centrale n’est plus seulement de savoir qui est autour de la table, mais comment la concertation va être conduite, selon quelles règles, avec quels outils, et dans quel calendrier.
Plusieurs attentes apparaissent désormais incontournables.
D’abord, la publication d’un document de cadrage clair, précisant les objectifs de la concertation, son périmètre, ses étapes et ses livrables. Une refondation crédible suppose un minimum de structuration écrite, accessible au public.
Ensuite, la mise en place d’une communication officielle à la hauteur de l’enjeu.
Un processus de cette importance nationale ne peut se limiter à des communiqués ponctuels ou à des publications dispersées sur les réseaux sociaux. Il appelle la création d’une plateforme numérique officielle dédiée à la refondation, centralisant l’information et servant de référence publique.
Une telle plateforme devrait permettre d’accéder :
- aux documents de travail,
- aux comptes rendus des réunions,
- aux rapports intermédiaires,
- aux synthèses de la concertation,
- ainsi qu’aux décisions prises et à leurs justifications.
Enfin, la publication régulière des rapports et restitutions sera déterminante.
Sans traçabilité écrite, il ne peut y avoir ni évaluation, ni appropriation citoyenne, ni confiance durable.
Le comité de pilotage est désormais en place.
Les institutions sont représentées.
La légitimité formelle existe.
La suite du processus dira si la refondation s’engage réellement dans une logique de transformation structurée, transparente et partagée, ou si elle restera cantonnée à un registre essentiellement déclaratif.
À ce stade, une chose est certaine :
la refondation ne manque plus d’instances.
Elle a désormais besoin d’une méthode, d’outils clairs et de preuves publiques de son avancement.
C’est à ce prix qu’elle pourra devenir un processus compris, suivi et porté par les citoyens.