Les Finances Publiques à Madagascar : Une Gestion Défaillante et des Pertes Estimées à Plus de 3 800 Milliards d'Ariary
Le rapport public 2025 de la Cour des Comptes de Madagascar a été dévoilé en mars 2026, mais l’ampleur de ses conclusions continue de secouer l’opinion publique. Alors que des chiffres de pertes financières circulent largement dans les médias, ce rapport met en lumière des dysfonctionnements alarmants dans la gestion des fonds publics. Bien que l’on parle de 3 811 milliards d’ariary perdus ou détournés, il est essentiel de décortiquer ces montants et de comprendre les implications réelles pour l’économie malgache.
Un Constat Accablant de la Cour des Comptes
La Cour des Comptes a audité plusieurs secteurs publics et ministères, révélant des failles structurelles et des irrégularités qui plombent la gestion des ressources nationales. Parmi les secteurs clés concernés figurent l’éducation, la santé, l’exploitation minière, et les finances publiques. L’un des plus gros constats réside dans la mauvaise application des procédures de recouvrement des ristournes minières. Les pertes dues à la non-cession des devises, notamment dans le secteur aurifère, sont estimées à 1 125 milliards d’ariary, un gouffre qui ne fait qu’empirer.
Des Pratiques Défaillantes et un Manque de Gouvernance
Les exportations minières non rapatriées ou mal déclarées sont une autre source majeure de pertes pour les finances publiques. Le rapport relève que, de 2017 à 2025, des devises d’or non rapatriées s’élèvent à plus de 1 206 milliards d’ariary. Ce montant s’ajoute à celui des pierres précieuses et d'autres produits miniers, qui viennent accentuer une situation déjà complexe. En d’autres termes, des milliards sont laissés hors des circuits financiers officiels, à cause de pratiques opaques dans la gestion des exportations et de l’inefficacité des contrôles.
Une Situation Critique pour les Collectivités Locales : Le Cas de Toamasina
Le rapport met aussi en évidence des dysfonctionnements au niveau des communes. À Toamasina, la gestion de la masse salariale représente un cas à part entière. Le déficit budgétaire chronique est alimenté par une masse salariale trop élevée, qui représente plus du double des recettes annuelles de la commune. Ce déséquilibre financier met en péril la stabilité économique de la région et risque de se répercuter sur les services publics locaux. Le rapport appelle à une réduction des effectifs et à un meilleur pilotage des ressources humaines.
Les Montants en Question : 3 811 Milliards d'Ariary, Détournés ou Non Récupérés ?
Il convient de clarifier ce chiffre. Les médias ont largement relayé le chiffre de 3 811 milliards d’ariary, souvent associé à des détournements ou à des pertes. Cependant, le rapport de la Cour des Comptes ne présente pas cette somme sous forme d’un total de détournements directs, mais plutôt comme un ensemble de manques à gagner, de recettes non recouvrées et d’irrégularités de gestion dans différents secteurs. En résumé, ce chiffre représente une agrégation de pertes économiques dues à une mauvaise gestion, et non un vol ou détournement pur et simple.
Quelles Perspectives pour l'Avenir ?
Malgré ces constats alarmants, le rapport de la Cour des Comptes offre aussi des recommandations claires pour améliorer la gouvernance et renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques. Parmi ces recommandations :
- La révision des procédures de recouvrement, notamment dans les secteurs miniers et les collectivités locales.
- La mise en place de mécanismes de contrôle plus rigoureux pour éviter le gaspillage des fonds publics.
- Une meilleure gestion de la masse salariale dans les communes et des réformes administratives pour limiter les dépenses.
Si ces recommandations sont suivies, elles pourraient permettre à Madagascar de redresser sa gestion financière et d’éviter de nouvelles pertes colossales dans les années à venir.
Un Appel à l'Action
L’ampleur des dysfonctionnements révélés par la Cour des Comptes ne doit pas être sous-estimée. Bien que les chiffres de 3 811 milliards aient circulé dans les médias, ils ne doivent pas masquer l’essentiel : un manque flagrant de gouvernance, de transparence et d’efficacité dans la gestion des finances publiques. Il est grand temps pour les autorités malgaches de mettre en œuvre des réformes structurelles pour limiter les pertes et garantir une gestion plus saine des ressources de l'État.
Pour un suivi plus détaillé et des recommandations pratiques, le rapport complet est disponible sur le site officiel de la Cour des Comptes de Madagascar.