Le Ministre de tutelle a récemment annoncé le remplacement du Directeur Général de la JIRAMA, en précisant que la rémunération du nouveau DG sera désormais prise en charge par l’État malagasy.
Dans cette même communication officielle, le Ministre a également indiqué que le DG sortant, Ron Weiss, était rémunéré dans le cadre d’un appui international, et non par les finances publiques nationales.
Cette clarification institutionnelle, désormais publique, appelle une réflexion de fond — au-delà des réactions émotionnelles.
👉 La question n’est pas seulement “qui paie le DG”, mais surtout : quelles priorités pour redresser la JIRAMA ?
1) Un mécanisme officiellement assumé
Le recours à un financement extérieur pour une fonction de direction ou d’assistance technique n’est pas inédit.
Dans plusieurs pays, des partenaires internationaux peuvent prendre en charge :
- des experts,
- des audits,
- ou des managers de transition,
avec l’objectif affiché de réformer la gouvernance et de corriger des dysfonctionnements structurels.
Sur le plan institutionnel, ce type de montage n’est donc ni caché, ni illégal, puisqu’il est assumé par l’autorité de tutelle.
2) Mais l’incompréhension citoyenne reste légitime
Comment comprendre que la JIRAMA ait pu s’appuyer sur un DG à la rémunération jugée très élevée, alors que, dans le même temps, l’entreprise semble parfois incapable de :
- remplacer des pièces défectueuses,
- assurer une maintenance de base,
- sécuriser la continuité du service,
alors que le coût de certaines de ces pièces ne représenterait même pas 1/10 d’un salaire mensuel de DG ?
Pour les usagers comme pour les techniciens de terrain, le raisonnement est simple :
On ne commence pas par payer un chef d’orchestre quand les instruments sont cassés.
3) Le vrai sujet n’est pas le salaire, mais les résultats visibles
Si, en parallèle, on constatait :
- des groupes électrogènes remis en service,
- des pièces critiques effectivement remplacées,
- une réduction mesurable des coupures,
- des indicateurs publics et suivis,
alors la question de la rémunération passerait naturellement au second plan.
Mais lorsque les difficultés persistent, le salaire devient un symbole — et parfois un symbole mal compris.
4) Une réforme crédible doit avancer sur deux fronts
Le redressement de la JIRAMA ne peut reposer uniquement sur la gouvernance, ni uniquement sur l’urgence opérationnelle.
Il exige :
- ✅ une organisation claire et responsable,
- ✅ des moyens matériels immédiats pour maintenir et réparer,
- ✅ des résultats concrets perceptibles par la population.
Sans cet équilibre, aucune réforme ne peut restaurer durablement la confiance.
🧩 La question centrale demeure :
Peut-on parler de redressement si l’opérationnel reste à l’arrêt ?
Et comment convaincre si les priorités perçues ne correspondent pas aux urgences vécues ?
#Madagascar #JIRAMA #Energie #ServicePublic #Gouvernance #Développement