Concertation nationale des jeunes à Madagascar sur les priorités de la jeunesse et la Refondation

Fédéralisme, Constituante, dissolution : est-ce vraiment la priorité de la jeunesse malgache ?

La résolution officielle de la Concertation nationale des jeunes du 1er août 2026 commence par proposer un choix entre État unitaire et État fédéral, puis réclame la dissolution de l’Assemblée nationale et la réforme du système électoral. Une hiérarchie qui tranche brutalement avec ce que révèlent les grandes enquêtes internationales, africaines et malgaches sur les aspirations de la jeunesse : emploi, éducation, autonomie économique, sécurité, santé et capacité à construire sa vie. Faute de méthode publiée, de données accessibles et de traçabilité des consultations régionales, le doute est légitime : a-t-on recueilli la parole des jeunes ou leur a-t-on demandé d’endosser un agenda politique déjà défini ?

Quand la concertation des jeunes devient le manifeste politique de la Refondation

Une question simple devrait précéder toute analyse de la résolution nationale issue de la Concertation des jeunes : de quoi parlent les jeunes lorsqu’on les interroge réellement sur leur avenir ?

Partout dans le monde, les réponses varient selon les pays, les milieux sociaux et les contextes politiques. Mais de grandes constantes apparaissent : accéder à une éducation utile, trouver un travail décent, devenir autonome, se loger, fonder éventuellement une famille, entreprendre, être en sécurité, participer à la société et pouvoir espérer une vie meilleure que celle de la génération précédente.

À Madagascar, la résolution officielle adoptée le 1er août 2026 suit une tout autre hiérarchie. Avant l’emploi, l’éducation, la santé ou le coût de la vie, elle place au premier rang le choix entre État unitaire et État fédéral. Elle demande ensuite la dissolution de l’Assemblée nationale, son remplacement par une Assemblée constituante, la transformation institutionnelle des fokontany, la création d’un Parlement des jeunes et la refonte de la gouvernance électorale.

La jeunesse malgache serait-elle devenue, en quelques mois, une jeunesse principalement préoccupée par le parlementarisme tricaméral, les provinces fédérées et l’architecture constitutionnelle ?

Ou bien assiste-t-on à autre chose : une concertation politiquement encadrée, destinée moins à révéler les priorités de la jeunesse qu’à placer la jeunesse au service d’un projet de Refondation déjà défini ?

Ce que les jeunes disent lorsqu’on les interroge sur leur avenir

L’UNICEF et Gallup ont interrogé en 2021 plus de 21 000 personnes dans 21 pays, en comparant les réponses des 15-24 ans à celles des plus de 40 ans. L’enquête, intitulée Changing Childhood Project, montre une jeunesse relativement optimiste quant à l’avenir, consciente des transformations numériques, préoccupée par le changement climatique et les discriminations, mais désireuse de participer aux changements de société. Surtout, l’UNICEF publie non seulement les conclusions de l’enquête, mais également sa méthodologie, son questionnaire, ses microdonnées et son codebook. (unicef.org)

Ce détail méthodologique est essentiel. Une consultation sérieuse ne se réduit pas à une cérémonie, à quelques discours et à une résolution finale. Elle permet de vérifier :

  • qui a été interrogé ;
  • quelles questions ont été posées ;
  • dans quelles conditions ;
  • comment les réponses ont été analysées ;
  • et comment les conclusions ont été établies.

Les études internationales montrent également que l’optimisme personnel des jeunes peut coexister avec une forte défiance envers les institutions. Une jeunesse peut croire en sa propre capacité à réussir tout en jugeant que son pays, son économie ou son gouvernement ne lui offrent pas les moyens nécessaires.

Cette contradiction est particulièrement visible en Afrique.

En Afrique, l’avenir se conjugue d’abord avec emploi, autonomie et mobilité

L’African Youth Survey 2024 a interrogé 5 604 jeunes âgés de 18 à 24 ans dans 16 pays africains. Madagascar ne faisait pas partie de l’échantillon, mais les résultats offrent un point de comparaison continental particulièrement instructif. L’enquête a été conduite en face-à-face, selon une méthodologie détaillée, avec un équilibre entre femmes et hommes et des questionnaires disponibles dans plusieurs langues locales. (psbinsights.com)

Près de 78 % des jeunes interrogés déclarent savoir ce qu’ils veulent faire de leur vie. Ils ne forment donc pas une génération sans projet ni ambition. Mais cette volonté personnelle se heurte à une réalité économique beaucoup plus sombre : 85 % se disent préoccupés par le manque de possibilités d’emploi et 66 % sont insatisfaits de l’action de leur gouvernement en matière de création d’emplois et de lutte contre le chômage. (corruptionwatch.org.za)

Leur manière de construire l’avenir repose alors sur plusieurs stratégies.

Pour 71 % d’entre eux, créer une entreprise constitue une perspective envisagée dans les cinq années suivantes. Le principal obstacle reste l’accès au capital, cité par 52 %, devant la corruption, citée par 40 %. Lorsqu’on leur demande ce qu’ils feraient avec 100 dollars, 45 % répondent qu’ils les investiraient dans une activité économique, contre 16 % dans leur éducation et 11 % dans l’épargne.

La migration constitue une autre stratégie. Près de 58 % pourraient envisager de partir dans les trois années suivantes, principalement pour trouver un emploi ou poursuivre leurs études. Pour la majorité, ce départ serait encore temporaire : il ne s’agit pas nécessairement de rompre avec son pays, mais d’aller chercher ailleurs les ressources et les possibilités devenues inaccessibles chez soi.

La jeunesse africaine s’intéresse évidemment aussi à la politique, à la démocratie, à la corruption, au climat et à la souveraineté. Mais ces préoccupations politiques sont généralement reliées à une interrogation beaucoup plus immédiate : les institutions permettent-elles aux jeunes d’étudier, de travailler, d’entreprendre et de vivre dignement ?

L’OCDE observe d’ailleurs un profond décalage entre les aspirations professionnelles des jeunes Africains et la réalité des économies nationales. Les jeunes recherchent notamment la sécurité de l’emploi et les carrières formelles, tandis que les marchés du travail disponibles restent dominés par l’informalité, l’agriculture et des activités peu qualifiées ou précaires. (oecd.org)

L’Organisation internationale du travail aboutit à une conclusion comparable : en Afrique subsaharienne, le principal défi n’est pas simplement de créer des activités, mais de créer des emplois productifs et décents. Le travail informel, le sous-emploi et la difficulté à accéder à une activité stable constituent des obstacles majeurs au passage vers l’âge adulte. (ilo.org)

Autrement dit, lorsqu’on demande aux jeunes comment ils imaginent leur avenir, ils ne répondent pas d’abord par une théorie constitutionnelle. Ils répondent par les conditions concrètes qui leur permettront de devenir autonomes.

Madagascar avait déjà interrogé sa jeunesse en 2023

À Madagascar, nous disposons justement d’un point de comparaison particulièrement pertinent.

En 2023, le ministère de la Jeunesse et des Sports, avec l’appui de l’UNICEF, avait conduit une vaste consultation portant directement sur les aspirations, les craintes et les perspectives de la jeunesse malgache.

Plus de 1 770 jeunes avaient été interrogés dans neuf régions, dont 50 % de jeunes filles. Cette consultation n’était certes pas parfaite et ne couvrait pas l’ensemble des 24 régions. Mais elle avait au moins le mérite de publier des informations sur son échantillon et plusieurs résultats chiffrés. (unicef.org)

Que disaient alors les jeunes Malgaches ?

Trois jeunes sur dix déclaraient devoir abandonner l’école par manque de moyens financiers. Même après leurs études, beaucoup rencontraient des difficultés pour trouver un emploi. Les participants signalaient également des obstacles à l’accès aux infrastructures de santé et un manque d’information sur les services disponibles. (unicef.org)

En matière de sécurité, les principales causes citées étaient la pauvreté, pour 63 % des répondants, le manque d’activités rémunératrices, pour 55,8 %, et la consommation de stupéfiants, pour 26 %. Près de 27 % participaient aux réunions des fokontany et 38 % disaient disposer de plateformes leur permettant d’exprimer leurs opinions. (unicef.org)

Les sept axes de cette consultation comprenaient notamment :

  • l’éducation ;
  • la santé ;
  • la paix et la sécurité ;
  • le changement climatique ;
  • la participation des jeunes aux décisions ;
  • l’emploi et l’autonomisation.

Le résultat était cohérent avec les grandes tendances observées à travers le monde et en Afrique : une jeunesse qui souhaite participer à la vie publique, mais dont l’avenir dépend d’abord de l’éducation, de l’emploi, de la sécurité et de l’accès aux services essentiels.

Les enquêtes Afrobarometer réalisées par la suite confirment cette hiérarchie. Parmi les priorités exprimées par les jeunes Malgaches apparaissent la gestion de l’économie, l’insécurité, les infrastructures, le coût de la vie, la santé, l’éducation et la création d’emplois. Lorsqu’ils sont interrogés sur les investissements publics à privilégier en faveur de la jeunesse, l’emploi arrive devant l’éducation et la formation professionnelle. (afrobarometer.org)

Aucune de ces enquêtes ne place la transformation de Madagascar en État fédéral au sommet des aspirations spontanées de la jeunesse.

En 2026, un spectaculaire renversement de priorité

La résolution du 1er août 2026 affirme pourtant que ses propositions traduisent « les préoccupations, les aspirations et les priorités exprimées par les jeunes sur l’ensemble du territoire national ».

Mais le premier bloc du texte raconte une tout autre histoire.

La première résolution propose de choisir entre deux formes d’État :

  • un État unitaire fortement décentralisé avec un régime parlementaire tricaméral ;
  • ou un État fédéral composé de provinces fédérées.

La deuxième réclame la dissolution de l’Assemblée nationale et la création d’une Assemblée constituante.

Les suivantes portent sur le statut constitutionnel des fokontany, un Parlement des jeunes, la dissolution éventuelle de la Commission électorale nationale indépendante, le transfert possible de la gestion des élections au ministère de l’Intérieur et la refonte complète des textes électoraux.

Il ne s’agit pas de nier aux jeunes le droit de parler de Constitution. La jeunesse est une composante pleine et entière de la Nation. Elle a le droit de se prononcer sur les institutions, la démocratie, la décentralisation et les élections.

Mais le problème est ailleurs.

Sur quelle base peut-on affirmer que le choix entre fédéralisme et État unitaire représente la première priorité nationale de la jeunesse malgache ?

Combien de communes ont fait remonter cette proposition ?

Combien de districts l’ont adoptée ?

Dans combien de régions est-elle arrivée en tête ?

Combien de participants ont voté pour l’État fédéral, pour l’État unitaire ou contre la présence même de cette question dans la résolution ?

Aucune réponse publiquement vérifiable n’est fournie.

Les préoccupations sociales existent, mais elles ont été reléguées

Il serait inexact d’affirmer que la résolution ignore totalement les problèmes quotidiens des jeunes.

À partir du point 8 apparaissent des propositions concernant :

  • le coût des produits de première nécessité ;
  • l’emploi local ;
  • les centres de formation professionnelle ;
  • la corruption dans les recrutements ;
  • l’insertion des diplômés ;
  • l’entrepreneuriat ;
  • le numérique ;
  • les programmes scolaires ;
  • les enseignants FRAM ;
  • les infrastructures scolaires ;
  • la santé ;
  • l’eau ;
  • l’électricité ;
  • Internet ;
  • le foncier ;
  • le désenclavement.

Le texte réclame notamment des bureaux de placement de proximité, des incubateurs, des financements pour les jeunes entrepreneurs, des centres de formation professionnelle et une réforme des programmes scolaires.

Les préoccupations essentielles de la jeunesse n’ont donc pas complètement disparu. Elles ont été reléguées derrière un programme constitutionnel et institutionnel.

Cette hiérarchie est politiquement significative.

Dans un texte de 61 résolutions, ce qui est placé en première position définit le sens général de l’ensemble. Ici, l’emploi, l’école et la santé ne constituent pas le point de départ de la réflexion. Ils deviennent les chapitres sociaux d’un manifeste dont l’objectif premier semble être la transformation politique de l’État.

La jeunesse ne disparaît pas du document. Elle devient le support d’une architecture politique qui la dépasse.

Une résolution officielle sans démonstration publique de sa représentativité

La principale faiblesse du processus réside dans son opacité méthodologique.

Le préambule du document affirme prendre en considération les résolutions communales, de district et régionales organisées dans les 24 régions. Il précise que ces documents sont annexés à la résolution.

Or, dans la version officielle dont nous disposons, ces annexes ne figurent pas.

La résolution évoque également les restitutions des travaux de commission, elles aussi présentées comme annexées. Elles ne sont pas davantage accessibles dans le document.

Il n’existe donc aucune traçabilité publique entre :

  • les paroles prononcées dans une commune ;
  • leur consolidation au niveau du district ;
  • leur sélection au niveau régional ;
  • leur reformulation par les commissions ;
  • et leur transformation en résolution nationale.

Aucun document consultable ne permet de connaître :

  • le nombre total de participants ;
  • leur âge et leur situation sociale ;
  • la proportion de jeunes femmes ;
  • la représentation des jeunes ruraux ;
  • la présence des jeunes non scolarisés ou sans emploi ;
  • la méthode de sélection des délégués ;
  • les questionnaires ou guides d’animation ;
  • les résultats détaillés des consultations ;
  • le nombre de voix obtenues par chaque proposition ;
  • les opinions minoritaires ;
  • les propositions écartées ;
  • l’identité du comité de rédaction final.

Les communications officielles affirmaient pourtant que les jeunes contribueraient eux-mêmes à définir les stratégies et les modalités du processus, et que celui-ci devait aboutir à une collecte de données à l’échelle nationale. (mjs.gov.mg)

Où sont ces données ?

Sous quelle forme ont-elles été collectées ?

Qui les conserve ?

Qui les a exploitées ?

Pourquoi ne sont-elles pas publiées ?

Une concertation dont on ne peut consulter ni les outils, ni les données, ni les résultats intermédiaires ne constitue pas une démonstration de représentativité. Elle constitue, au mieux, une affirmation de représentativité produite par ses propres organisateurs.

Le cadrage politique existait avant même le début des consultations

L’opacité devient plus préoccupante encore lorsqu’on examine la préparation officielle du processus.

Le ministère de la Jeunesse et des Sports expliquait dès février 2026 que l’un des objectifs de l’atelier préparatoire était de permettre aux participants de « s’approprier les orientations stratégiques relatives à la Refondation de la République ». (mjs.gov.mg)

Cette formulation est capitale.

Elle montre que la concertation n’a pas commencé dans un espace totalement ouvert où la seule question aurait été :

Quelles sont les préoccupations et les priorités de la jeunesse malgache ?

Les jeunes ont d’abord été invités à inscrire leur réflexion dans un cadre politique déjà nommé, défini et valorisé : la Refondation.

Le lancement officiel d’avril 2026 présentait d’ailleurs explicitement les consultations régionales comme un moyen de recueillir les aspirations des jeunes « dans le processus de Refondation ». La restitution de juillet était elle-même qualifiée de « concertation nationale des jeunes pour la Refondation ». (mjs.gov.mg)

Le préambule de la résolution va plus loin encore. Il affirme reconnaître « la confiance accordée par les jeunes aux autorités de la Refondation ».

Mais où cette confiance a-t-elle été mesurée ?

Quel était le taux de confiance ?

Quelle question a été posée ?

Les participants pouvaient-ils exprimer leur défiance ?

Combien l’ont fait ?

Là encore, aucune donnée n’accompagne l’affirmation.

La confiance des jeunes n’est pas démontrée : elle est proclamée.

Peut-on parler de manipulation ?

Le mot doit être utilisé avec rigueur.

Le document ne permet pas de prouver que chaque participant aurait été dirigé, contraint ou manipulé. Il est parfaitement possible que certains jeunes aient réellement défendu le fédéralisme, une Constituante ou la dissolution de l’Assemblée nationale.

Mais les indices d’une captation de l’agenda sont nombreux :

  • le cadre de la Refondation a été posé avant les consultations ;
  • les participants ont été invités à s’approprier ses orientations ;
  • les premières résolutions reprennent les enjeux institutionnels de cette Refondation ;
  • une confiance collective envers ses autorités est affirmée sans données publiées ;
  • les résultats régionaux ne sont pas accessibles ;
  • les annexes annoncées sont absentes ;
  • les votes et les opinions minoritaires ne sont pas connus ;
  • la rédaction finale emploie un vocabulaire juridique et économique particulièrement élaboré.

Des expressions comme « régime parlementaire tricaméral », « provinces fédérées », « Assemblée constituante », « économie mixte interventionniste », « fonds souverain public » ou « harmonisation du calendrier électoral et des mandats » ne ressemblent guère à une restitution brute de milliers de prises de parole locales.

Elles témoignent au minimum d’une importante réécriture technico-politique.

La question n’est donc plus seulement de savoir ce que les jeunes ont dit. Elle est de savoir ce que les différents niveaux de sélection, de commission et de rédaction ont fait de ce qu’ils ont dit.

Les autres concertations nationales suivront-elles le même chemin ?

Il serait prématuré d’affirmer que toutes les autres concertations aboutiront nécessairement à des conclusions prédéterminées.

Mais la résolution des jeunes crée un précédent inquiétant.

Si les prochaines consultations reproduisent le même dispositif — cadrage politique préalable, sélection opaque des participants, absence de publication des questionnaires, données régionales inaccessibles, consolidation non traçable et résolution finale sans détail des votes — il sera impossible de distinguer une expression populaire authentique d’une légitimation institutionnelle organisée.

Le risque est alors structurel.

Chaque catégorie de la population pourra être convoquée, consultée puis représentée comme ayant spontanément validé les grands axes de la Refondation :

  • les jeunes ;
  • les femmes ;
  • les paysans ;
  • les opérateurs économiques ;
  • les régions ;
  • les organisations sociales ;
  • les communautés religieuses ;
  • la diaspora.

À la fin du processus, l’addition de ces résolutions pourra être présentée comme l’expression convergente de la Nation tout entière.

Mais si les méthodes, les données et les divergences ne sont jamais publiées, cette convergence sera impossible à vérifier.

Une concertation démocratique ne se mesure pas au nombre de cérémonies organisées ni au nombre de régions citées dans les discours. Elle se mesure à la possibilité offerte aux citoyens de suivre le chemin complet entre la parole initiale et la conclusion finale.

Ce que révèle réellement cette résolution

La résolution du 1er août 2026 ne nous apprend pas d’abord ce que la jeunesse malgache veut devenir.

Elle nous apprend ce que le processus politique de Refondation souhaite faire dire à la jeunesse.

Les préoccupations réelles sont bien présentes : emploi, formation, santé, eau, énergie, numérique, environnement. Mais elles apparaissent après que la jeunesse a été invitée à choisir la forme de l’État, à demander une Constituante et à cautionner une transformation du système institutionnel.

L’ordre des résolutions révèle l’ordre des priorités des rédacteurs.

Le problème n’est donc pas que les jeunes parlent de politique. Le problème est qu’une plateforme politique soit présentée comme l’expression spontanée, représentative et nationale de la jeunesse sans que les éléments permettant d’en apporter la preuve soient accessibles au public.

La jeunesse malgache risque ainsi de devenir moins un sujet de la Refondation que son instrument de légitimation.

Elle fournit le nombre, l’image, l’énergie et la caution morale. Mais les conditions dans lesquelles sa parole a été recueillie, sélectionnée et reformulée restent dans l’ombre.

Lorsqu’un État demande à sa jeunesse de choisir entre fédéralisme et État unitaire avant de publier ce qu’elle a réellement répondu sur l’école, l’emploi, la santé ou le coût de la vie, il ne l’écoute plus : il met en scène son adhésion.


ℹ️ Avis personnel — Les opinions exprimées dans cet article sont personnelles et n'engagent que l'auteur. Elles visent à nourrir la réflexion et le débat constructif sur Madagascar.

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